Test Qanba Obsidian : Dans l’ombre des meilleurs

SpécificationsCompatibilité : PS4, PS3, Windows (Xinput, D-Input) / Joystick : JLF-TP-8YT / Type de boutons d’action : Sanwa OBSF-30 / Nombre de boutons d’action : 8 / Connexion : USB / Mode Turbo : Oui / Mécanisme d’ouverture : Non / Poids : 3 kg / Dimensions : 46 x 26 x 8 cm (sans stick et boutons) / Prix moyen constaté (02/2019) : 260€

Large et équipé pour la compétition, l’Obsidian est un stick qui, au niveau mondial, s’est fait une jolie réputation de par son niveau de prestation et l’impression de qualité qu’il dégage. Il faut dire qu’en jouant avec les matières, Qanba a certes créé un modèle racé et atypique, mais pas à la portée de toutes les bourses. En Europe particulièrement, son tarif le place au dessus de ses concurrents habituels, à un niveau où l’erreur ne pardonne pas. Heureusement qu’il encaisse plutôt bien les coups.

Avec sa largeur de près de 46 centimètres, l’Obsidian en impose. Il n’a pas tout à fait le niveau d’embonpoint de l’exceptionnellement spacieux Hori RAP 4 Premium VLX, mais il demeure suffisamment volumineux pour que les Nacon Daija et Razer Panthera ne la ramènent pas trop. Il faut dire qu’en plus du plateau, déjà bien large, il ajoute à ses mensurations l’espace occupé par les deux grandes joues en plastique gris métalisé, venues tout autant rigidifier le châssis, en plastique lui aussi, que souligner le côté “coeur de rockeur” de la bête. En effet, boule en métal couleur acier trempé, plateau noir d’ébène, éclairage à LEDs sur les côtés, boutons noirs, tatouage sobre mais épineux, il ne lui manque clairement que la barbe pour être la star du Hellfest. Sauf qu’attention : derrière cette façade rugueuse se cache un petit stick délicat qui vous demandera de sortir le chiffon régulièrement histoire d’effacer les traces de doigts qui ne manqueront pas de pulluler sur la surface très brillante du plateau. L’Obsidian est donc beau, mais il est très salissant et son état au sortir d’une soirée d’exploits vidéoludiques est peu ragoutant.

Test Qanba Obsidian : Dans l’ombre des meilleurs
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Niveau poids, on reste un cran en dessous de tous les modèles sus-cités. Avec 3 kilogrammes “seulement” sur la balance, l’Obsidian n’est ni du genre à faire souffrir les genoux, ni de ces sticks qui manquent de stabilité. Dimensions et poids parfaits diront certains. Ils auront raison. On regrettera simplement que les zones anti-dérapantes soient si écartées, imposant de jouer avec les genoux un peu éloignés pour ne pas subir la moindre glisse. Une bande antidérapante unique et faisant l’intégralité du châssis, telle qu’on la trouve justement sur le Daija et le Panthera, aurait certainement été plus efficace et plus polyvalente. Reste que l’Obsidian est, à bien des égards, un modèle très confortable, que l’on joue avec le stick sur les genoux, sur le bureau ou sur la table.

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Très logiquement, l’Obsidian offre un large espace pour les mains, et alors même que nous avions pu reprocher au Qanba Drone son biseau un peu glissant, celui de l’Obsidian est au contraire un vrai plaisir de stabilité pour la paume des mains. La surface est d’ailleurs du genre rigide, avec une micro souplesse au centre, imperceptible en jeu et incomparable avec celle des sticks Razer. En même temps, ce plateau ne bascule pas et pour profiter des possibilités de personnalisation ou de réparation, il faut s’attaquer au 6 vis sous le châssis, et donc faire sauter la garantie. Par ailleurs, l’espace à l’intérieur est plutôt exigu et on est loin d’avoir autant de possibilités qu’avec un Panthera, surtout qu’ajouter une carte demandera de résoudre la question de sa fixation. Quand à la personnalisation du plateau, elle passe par le retrait de 6 vis supplémentaires cachées sous de petits chapeaux collés, puis par le remplacement du plexiglas complet. Autant dire que ce sont des opérations que l’on réservera aux spécialistes.

Test Qanba Obsidian : Dans l’ombre des meilleurs
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Heureusement, l’Obsidian est, de base, soigneusement équipé. 8 boutons Sanwa OBSF-30 noirs se placent selon un layout typique, issu des bornes Vewlix, avec deux lignes de trois boutons alignés à l’horizontale et deux boutons, les plus à gauche, légèrement décalés vers l’avant. Cette organisation a fait ses preuves et s’adapte facilement à tous les types de jeux de combats, qu’il se jouent en 2×3 ou en 1×4. Le plaisir de jeu a aussi à voir avec la qualité des boutons, fidèles à leur réputation, c’est à dire efficaces, réactifs et aussi bien taillés pour la compétition que pour le grand public.

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Il en va de même pour le joystick, un JLF-TP-8YT avec réducteur carré. Classique, mais efficace, et surtout facile à faire évoluer tant sur le plan technique qu’esthétique. Petite singularité tout de même, il est ici équipé d’une boule métallique, à peine plus lourde que celles en plastique que l’on trouve habituellement, sans que cela ne change véritablement le ressenti en jeu, mais avec un rendu visuel très agréable et en parfait accord avec le reste du stick arcade.

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Si l’Obsidian sait se montrer convaincant sur ses touches d’action, il nous a paru moins bien pensé pour toutes les fonctions secondaires, la plupart étant réunies dans un espace derrière les boutons Sanwa. En effet, cette petite zone qui accueille le pavé tacticle, L3, R3, Option, le mode Turbo, le mode du joystick, le mode de compatibilité, le lock de ces mêmes fonctions, la touche Share, la gestion des LEDs et la touche Playstation (ça en fait du monde mine de rien) souffre de plusieurs défauts. D’abord, les boutons qu’elle accueille sont petits, trop petits. Pas vraiment grave quand il s’agit de fonctions secondaires ou peu utilisées, c’est un peu plus gênant quand on aborde la fonction Option/Start, régulièrement sollicitée dans les jeux de combat. Hors, celle-ci est placée entre la touche R3 et celle de réglage des LEDs, sans différenciation par la couleur ou le format. A cela s’ajoute une sérigraphie un peu obscure, suffisamment peu visible pour que dans la pénombre on en vienne plus souvent à pester contre ces boutons que contre le jeu lui même. Dommage.

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Dommage aussi que la qualité du câble ne soit pas au rendez-vous. Sur un stick à 250€, on s’attend soit à un cordon tressé, soit à un modèle qui offre protection et souplesse. Là on a plutôt affaire à un truc bas de gamme de trois mètres auquel il faudra faire attention pour ne pas avoir à le remplacer, puisqu’évidemment sa connectique en interne n’est pas standard. On apprécie tout de même que la trappe prévue pour son rangement soit suffisamment large pour ne pas forcer sur le cordon, et qu’elle offre une fermeture bien solide, avec double passage du câble. Tout comme on applaudit le port mini-jack situé en façade et prêt à accueillir votre micro casque. En revanche, mais c’est une habitude, il ne fonctionne que sur les consoles PlayStation.

Test Qanba Obsidian : Dans l’ombre des meilleurs
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Car oui, l’Obsidian est avant tout un modèle pour PlayStation 3 et PlayStation 4. Et s’il souffre, comme tous les joysticks du marché, d’un défaut d’allumage si vous lancez la console alors qu’il est branché, pour tout le reste il assure au même titre qu’une manette. Ou presque. Pad tactile fonctionnant comme celui d’une DS4, joystick assignable aux deux sticks analogiques ou à la croix directionnelle, ensemble des boutons disponibles. Il va même jusqu’à simuler les vibrations des manettes avec un effet de stroboscope de ses LEDs. Inutile, pas même spécialement joli, mais l’effet est fonctionnel. On lui reprochera tout de même de ne pas proposer d’affichage du numéro ou de la couleur du joueur, comme le fait le Daija. Et puis évidemment, il assure sur PC avec au choix un mode Direct Input (quand vous êtes sur la position PS3) ou X-Input (sur la position PC), histoire d’éviter tout problème de compatibilité. Et sur l’ensemble de ces plateformes, la connexion est plug’n play, sans driver additionnel. Du bonheur.

A l’heure de compter les points positifs et négatifs, difficile de ne pas voir l’Obsidian comme un stick réellement confortable, bien équipé, et profitant d’une finition particulièrement agréable. Jusque là, il se place sans difficulté face à des Nacon Daija, des Razer Panthera, ou même des Mad Catz TES+, la personnalisation en moins. Cependant, quelques défauts nous chagrinent encore. D’abord son tarif, qui en France dépasse les 250€, le plaçant sans véritable raison au dessus de ses concurrents habituels, et particulièrement du nouveau Hori Fighting Edge. Ensuite son plateau hyper brillant, sur fond noir, qui capte affreusement toutes les traces de doigts. Enfin ses boutons de fonctions, trop ramassés les uns sur les autres, et son câble de qualité assez médiocre. Des détails qui, à ce niveau de prix, ne pardonnent pas et empêchent l’Obsidian de se hisser au même niveau que les meilleures références du marché. Reste que nous sommes tout de même sur un modèle de compétition des plus sérieux qui, de par son look atypique, pourrait en faire craquer plus d’un.Les notes